Publiée par décret en février 2026, la troisième Programmation Pluriannuelle de l'Énergie fixe la feuille de route énergétique de la France jusqu'en 2035. Pour le secteur photovoltaïque, ce document est fondamental : c'est lui qui détermine les volumes d'installations soutenues, les appels d'offres à venir et donc les opportunités concrètes pour les porteurs de projets sur tout le territoire.
Qu'est-ce que la PPE3 ?
La Programmation Pluriannuelle de l'Énergie est l'outil de pilotage stratégique par lequel l'État français définit ses objectifs de production et de consommation d'énergie sur une période de 10 ans. Elle fixe les cibles par filière — nucléaire, solaire, éolien, hydraulique, biogaz — et programme les volumes d'appels d'offres qui permettront d'atteindre ces objectifs.
La PPE3, publiée avec près de deux ans de retard très attendus par la filière, couvre la période 2026-2035. Son ambition centrale est claire : réduire massivement la dépendance de la France aux énergies fossiles tout en garantissant la souveraineté énergétique nationale. En 2023, 60 % de l'énergie finale consommée en France était encore d'origine fossile et majoritairement importée. La PPE3 vise à inverser cette structure.
Les grands objectifs chiffrés de la PPE3
La PPE3 fixe des objectifs ambitieux à deux horizons temporels clés :
- 60 % d'énergie décarbonée en 2030 (contre 42 % en 2023), avec une part de l'électricité dans la consommation finale portée à 34 % (contre 27 % aujourd'hui).
- 70 % d'énergie décarbonée en 2035, avec une production électrique décarbonée comprise entre 650 et 693 TWh — contre 458 TWh en 2023.
- Réduction des énergies fossiles de 900 TWh en 2023 à 330 TWh en 2035 — soit une division par près de trois en douze ans.
- 120 000 emplois supplémentaires générés d'ici 2030 dans les filières bas carbone : nucléaire, solaire, éolien en mer.
Les objectifs spécifiques pour le photovoltaïque
Pour le solaire photovoltaïque, la PPE3 fixe une trajectoire claire et structurante. Elle prévoit d'atteindre :
- 48 GW de puissance installée en 2030 — soit une multiplication par 1,6 par rapport aux 30 GW installés en 2025. Cela représente un rythme de déploiement soutenu d'environ 3,5 GW supplémentaires par an.
- Entre 55 et 80 GW en 2035 — la fourchette large reflète la volonté d'adapter la trajectoire à l'évolution de la demande et au rythme d'électrification des usages.
- 2,9 GW par an maximum de puissance soutenue via appels d'offres et arrêtés tarifaires jusqu'en 2028 — un volume qui structure directement les opportunités pour les porteurs de projets.
La répartition indicative de ces volumes est également précisée : 41 % des installations sur petites et moyennes toitures, 54 % sur grandes installations (dont 38 % au sol et 16 % en toiture), et 5 % sur petites installations au sol. Un signal clair pour les acteurs du marché sur les typologies de projets prioritaires.
Une clause de revoyure en 2027 pour s'adapter
Fait notable et inédit dans l'histoire des PPE françaises : la PPE3 intègre une clause de revoyure en 2027. Elle permettra d'ajuster les objectifs et les volumes d'appels d'offres en fonction du rythme réel d'électrification des usages et de l'évolution de la demande en électricité.
Pour les porteurs de projets, cette clause signifie que les volumes pourraient être revus à la hausse si la demande en électricité progresse plus vite que prévu — ce qui est probable avec l'accélération du déploiement des véhicules électriques, des pompes à chaleur et de la réindustrialisation. C'est donc une opportunité supplémentaire à surveiller pour les années 2027-2030.
Ce que la PPE3 change concrètement pour vos projets
La PPE3 n'est pas qu'un document stratégique abstrait. Elle a des effets directs et concrets sur les conditions de développement des projets solaires en France :
- Elle structure le calendrier des appels d'offres CRE : les volumes annoncés permettent aux développeurs d'anticiper les sessions à venir et de calibrer leurs dossiers en conséquence. Plus de 2,9 GW seront mis en compétition chaque année jusqu'en 2028.
- Elle sécurise la visibilité long terme : après deux ans d'attente et d'incertitude, la publication de la PPE3 redonne un cap clair aux investisseurs et aux porteurs de projets. Le risque réglementaire est significativement réduit.
- Elle priorise les toitures et les grandes installations : la répartition indicative des volumes oriente les développeurs vers les segments les plus soutenus — une information précieuse pour positionner son projet sur le bon segment.
- Elle confirme le soutien au tiers investissement : les mécanismes de complément de rémunération sont maintenus et renforcés, ce qui pérennise le modèle économique que Phénix Solar propose à ses partenaires.
La PPE3 : un signal fort pour agir maintenant
Passer de 30 GW installés aujourd'hui à 48 GW en 2030 représente un effort colossal : il faudra installer l'équivalent de la moitié du parc actuel en seulement quatre ans. Chaque toiture, chaque parking, chaque terrain inexploité compte dans cette équation nationale.
Pour les propriétaires fonciers, les entreprises et les collectivités, c'est une fenêtre d'opportunité exceptionnelle. Les conditions de soutien sont favorables, les volumes d'appels d'offres sont confirmés, et la demande en projets de qualité est forte. Attendre, c'est risquer de manquer les meilleures conditions tarifaires des prochaines sessions CRE.
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